Carrefour de l’animation, day 2

Deuxième soirée au Carrefour de l’animation. Etrangement, la plupart des personnes présentes étaient déjà là jeudi. Beaucoup d’étudiants, de retraités, de gens seuls.

Il faut dire que la « petite histoire du cinéma d’animation polonais » qui débute à 18h30 en salle 500 ne fait pas forcément rêver le commun des mortels… Pascal Vimenet, spécialiste du cinéma d’animation condamné à jouer les enseignants pendant 90 minutes, n’y va pas de main morte. « Il me paraît impossible de rendre compte de l’histoire du cinéma d’animation polonais en 1h30 », annonce-t-il immédiatement. « Je préfère vous livrer un sentiment personnel, une intuition : ce cinéma, né après la guerre, s’est focalisé sur la problématique de l’holocauste. Il faut imaginer le paysage dévasté qu’était la Pologne après la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu 6 millions de morts. Varsovie était presque rasée. Cela a donné naissance à un cinéma inquiet, pessimiste, où les décors vides traduisent une hantise de la destruction ». Certainement traumatisés par la rétrospective consacrée à Marek Strobecki qui a eu lieu la veille, plusieurs spectateurs quittent la salle sans plus attendre. Mais Pascal Vimenet, pris de remords, ajoute : « En même temps, le cinéma polonais, ça ne veut pas dire grand-chose, c’est une réalité abstraite ». Nous voilà prévenus. Pendant l’heure qui suit, le professeur commente un à un des extraits de films d’animation polonais, tels que L’Oeil et l’oreille de Francizca et Stefan Themerson ou la célèbre Maison de Borowczyk. Des œuvres expérimentales, pour la plupart. Parfois drôles, souvent tristes. Derrière les images, le spectre de la guerre.

A 20h30, les spectateurs sont presque soulagés d’aller voir Tatsumi, du Singapourien Eric Khoo. Cette petite heure loin des pays de l’est ne fera de mal à personne et évitera au public de sombrer dans une dépression collective. Le long-métrage de Khoo revient sur la vie et l’œuvre du mangaka Yoshihiro Tatsumi, véritable pionnier de la bande dessinée japonaise. L’éditeur Jean-Louis Gauthey est venu présenter le travail de Tatsumi : inventeur du gekiga (des mangas exclusivement destinés aux adultes), Tatsumi fut l’un des premiers mangaka à dépeindre le Japon des années 1950-1970 dans un style sobre et réaliste. Ce n’est pas l’holocauste qui hante le film d’animation d’Eric Khoo, mais Hiroshima. Pas très gai non plus, mais bon, le public semble s’être résigné au morbide. Graphiquement parlant, le film est atypique, déroutant, fidèle au style de Tatsumi. L’animation semble prolonger les cases du manga, conférant à l’ensemble des apparences de story-board. A la sortie de la salle, les spectateurs discutent, preuve que le film n’a pas été aussi dévastateur de Crulic, diffusé la veille.

Plus de détails dans la critique à venir.

Camille P.

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