Reportage : La librairie Tschann prend les armes

Depuis l’annonce de la hausse de la TVA sur le livre papier, la librairie Tschann s’est affirmée comme un haut lieu de révolte et de contestation. Reportage.

Lorsque le flâneur franchit les portes de la librairie Tschann, en plein cœur de Montparnasse, juste à côté de la Coupole où il vient peut-être de boire un café, il se laisse surprendre par la taille de la boutique. En forme de L, elle se compose de deux grands espaces clairs et épurés. Il est 18 heures, une dizaine de clients se promènent dans les rayonnages.

Parmi eux, une prof de lettres demande conseil à un employé pour « faire lire ses élèves de BTS », tandis qu’une autre cliente cherche « un Rilke ou un Chateaubriand en Pléiade ». Les trois employés présents, la trentaine, conseillent avec attention les clients. Calmes, ils prennent le temps de répondre aux attentes de tous : « Flaubert pour un jeune de cet âge ? Ce sera trop difficile », n’hésite pas à préciser celui-ci à un parent, quitte à laisser passer une vente.

Yannick Poirier (à droite) et son collègue Francis Goux

Les étagères sont à la fois saturées et impeccablement rangées. Chaque ouvrage est à sa place, même les tables de présentation sont un modèle d’ordre. Y aurait-il une précaution maniaque derrière tout cela ? L’impression se confirme quand apparaît Yannick Poirier, le gérant de la librairie. La quarantaine, chemise cintrée à motifs discrets, lunettes fines rectangulaires et cheveux grisonnants, l’homme est bien mis. Il se tient droit, dans l’arrière-boutique, en pleine conversation téléphonique, où son ton contraste avec la sérénité de la librairie. Après avoir distraitement salué de la main, il se replonge dans un échange animé. Son téléphone portable se met alors à sonner. Ni une ni deux, un téléphone sur chaque oreille, il continue à débattre : « … l’édition aussi sera touchée… les gros éditeurs mangeront les petits… ».

Yannick a confié la gestion de sa boutique à son personnel depuis quelques semaines. Il avoue entre deux coups de fil qu’il « ne travaille plus que sur la TVA » :  il y a du boulot, depuis que le gouvernement a annoncé, le 7 novembre dernier, une hausse des taxes de 5,5 à 7%, sur tous les produits qui ne sont pas « de première nécessité ». Livres compris, donc.

Fondée en 1929, la librairie Tschann s’est toujours fait remarquer par son engagement pour la protection de la filière du livre et de la littérature. Dans les années 70, Marie-Madeleine Tschann (fille du fondateur) a pris une part active dans la politique culturelle de l’époque. Elle suggérait et conseillait personnellement Jérôme Lindon, lorsque se discutait le projet de loi sur le prix unique du livre, qui deviendra la loi Lang en 1981 et qui, depuis, préserve les libraires indépendants. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée, explique Yannick : « Les différentes lois et réglementations tendent à couler la profession au lieu de la soutenir. »

Lire la suite de l’article sur le blog de Clémentine

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