Le Fils de l’autre

De Lorraine Lévy

Après les Le Quesnoy et les Groseille, place aux Israéliens et aux Palestiniens. À mille lieues des conflits politico-religieux qui déchirent le Proche-Orient, Lorraine Levy dépeint une cellule familiale en crise. Généreux mais sans surprise.

Resservir la recette « La vie est un long fleuve tranquille » à la sauce israélo-palestinienne, n’était-ce pas s’aventurer sur un terrain miné ? Et après tout, pourquoi pas ? Récemment, Le Cochon de Gaza avait prouvé qu’il était possible de dédramatiser l’un des conflits les plus houleux du XXe siècle, avec une pincée de finesse et de fantaisie. Dans cette farce modeste mais rigolote, un pêcheur palestinien de Gaza se lançait dans un improbable commerce de sperme porcin, prétexte à un message de paix et de réconciliation entre les peuples. Chez Lorraine Levy, c’est l’échange malencontreux de deux bébés, l’un juif, l’autre arabe, qui encourage leurs familles respectives à se rencontrer, dix-sept ans plus tard, et à faire tomber les barrières communautaires.

« Je vais devoir troquer ma kippa contre une ceinture d’explosifs », bredouille Joseph (le petit arabe élevé par des juifs, vous suivez ?) lorsqu’il découvre ses véritables origines. Pas de doute : la réalisatrice, connue pour ses comédies un peu molles (La première fois que j’ai eu 20 ans, Mes amis, mes amours), fait le pari de la légèreté et de l’humour plutôt que du drame familial ou politique. Nous sommes bien loin d’Une bouteille de la mer de Thierry Binisti, dans lequel une jeune israélienne et un palestinien de Gaza (interprété par Mahmood Shalabi, également présent dans Le Fils de l’Autre) décidaient de correspondre par e-mails. Ces échanges, brefs mais intenses, leur offraient l’opportunité d’exprimer leurs doutes, leur incompréhension face à la haine qui fait rage dans cette partie du globe. Le scénario et la mise en scène de Lorraine Levy sont certes plus sages, plus gentillets (un peu trop, sans doute), mais les jeunes acteurs Jules Sitruk et Mehdi Debhi partagent avec les héros de Thierry Binisti une spontanéité qui les rend attachants.

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Camille P.

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